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Comment trouvez-vous le titre pour un roman?
L'auteur essaie toujours de trouver le titre qui représentera le mieux
son récit ; tout en cherchant à ce qu'il soit le plus attractif possible pour le
lecteur, qui, rien qu'en le lisant, sera déjà attiré par le livre et aura donc
envie d'en savoir plus, ce qui le fera regarder la quatrième de couverture...
Comment devient-on écrivain?
En fait, on ne devient pas écrivain. Même si on ne se met à écrire que sur le
tard... Si on s'y met un jour, c'est qu'on avait ça en soi depuis toujours. Il
en va ainsi pour la plupart des auteurs, qui, très jeunes déjà, (enfance ou
adolescence) avaient la passion des Belles Lettres, une boulimie de lecture...
Et qui se mettaient, presque inconsciemment, à prendre des notes sur tel ou tel
sujet, à composer des poèmes, à écrire de courts textes. Sans oublier qu'en
général, durant leurs études, ce ne furent pas des matheux, mais de bons élèves
en littérature (dissertations, philosophie) ! Ce fut mon cas...
Avez-vous besoin de boire, de fumer ou autre
pour avoir de l'inspiration pour écrire?
Non, non ! Je n'ai besoin d'aucuns dopants ou autre chose du genre pour me
mettre à écrire... Déjà, je suis non fumeuse... Il me faut seulement un silence
absolu, propice au recueillement. Ensuite, l'inspiration vient d'elle-même...
Car lorsque j'ouvre mon ordinateur et que mes doigts s'envolent sur le clavier,
c'est que j'ai auparavant beaucoup réfléchi à ce que j'allais écrire, avec le
plus souvent quelques notes à l'appui...
Réflexions sur une certaine
littérature actuelle. Que faut-il en penser ?...
La lecture est une
évasion. Plus ou moins agréable, selon ce qu’on lit… L’évasion littéraire est
synonyme de rêve. Mais tous les livres ne font pas rêver… Dans ce cas, il faut
au moins qu’ils aient pu donner matière à réflexion, afin qu’il en reste quelque
chose au final. Sinon, on les referme, déçus et frustrés…
De tout temps il y a
eu, et il y aura toujours, différentes catégories de lecteurs. Laissons
cependant de côté ceux qui ne s’intéressent qu’aux romans de gare ou autres du
genre, mon propos étant de parler de la littérature au sens noble du terme,
celle qu’on nomme « Les Belles Lettres », avec ses origines latines. Et ce qui
semble plutôt navrant de nos jours, c’est de constater que chez certains auteurs
pourtant en vogue, elle tende parfois à disparaître…Les idées sont là, mais le
style laisse à désirer… Il est forcément plus facile d’écrire une histoire sans
se soucier des règles élémentaires, grammaticales ou autres… D’aucuns diront que
l’important, c’est que le roman soit captivant. Certes, ça compte énormément, et
c’est presque l’essentiel ; seulement, si la littérature française devient de
plus en plus galvaudée, elle perdra ses lettres de noblesse, son hégémonie (on
peut aussi rencontrer un certain misérabilisme dans des textes n’apportant rien
au lecteur…) et le français des origines finira ainsi par se perdre totalement.
Du reste, à ce sujet, il y a longtemps que Jean d’Ormesson a tiré la sonnette
d’alarme… D’autre part, il ne faudra plus s’étonner que les jeunes, qui ne
lisent déjà pas beaucoup pour la plupart et qui recherchent donc surtout des
lectures faciles dont ils auront entendu parler, soient très moyens, voire nuls
en français… Et ce sont les nouvelles générations qui font l’avenir… On peut
alors se demander quelle sera la littérature de demain ?… Ainsi qu’on le sait,
le choix des lectures est primordial ; lorsqu’elles sont de qualité, elles sont
enrichissantes à tous points de vue.
Il y a fort
heureusement un important potentiel de lecteurs qui se comportent en parfaits
exégètes, sachant d’instinct faire tout de suite les bons choix ; ou encore,
après avoir été quelquefois déçus…
Déçus, par exemple,
(pour ne prendre que les auteurs les plus en vue, ceux qui font l’actualité
régulièrement) par les romans d’Amélie Nothomb… Non par la façon d’écrire de
celle-ci., mais par sa thématique, jugée dans l’ensemble trop superficielle,
trop désinvolte et répétitive (cf. de nombreux forums littéraires, où les
lecteurs ont laissé, en concordance, ce genre d’observations. A noter qu’il
s’agit principalement de lecteurs entre quarante et soixante ans et plus. Les
plus jeunes - et cela corrobore en quelque sorte ce que j’énonce plus haut –
lui vouant souvent un véritable culte…).
Déçus également
encore par Michel Houellebecq, jugé souvent par certains comme un peu trop
vulgaire dans ses propos. Marc Levy ne semble pas toujours avoir la côte non
plus, on trouve ses récits un peu simplistes…
Mon propre point de
vue ? Chaque écrivain aura toujours ses adeptes et ses détracteurs… Le
principal, c’est d’en avoir, ça prouve qu’on ne laisse pas indifférents !
Concernant Amélie
Nothomb, je dirai surtout d’elle qu’elle est « Le phénomène Nothomb »… Je ne
l’admire pas pour sa littérature, qui, tout en me laissant indifférente, me rend
sceptique et dubitative quant à ce côté faussement naïf et puéril qu’on y
découvre (« Antechrista », euh… bon !). On voit trop qu’elle joue, on pourrait
même dire, « qu’elle se joue » du lecteur, avec son style par trop déjanté… On
sent trop qu’elle s’amuse beaucoup en écrivant, sans se soucier du reste.
Egocentrique, en fait… (Proust l’était aussi, mais évidemment…). Je l’admire
cependant en tant que telle, pour son intelligence très vive, son sens de la
répartie… Il faut voir comment elle s’y est prise pour qu’on la remarque dans le
but de se faire connaître, avec son look de femme aux chapeaux extravagants !
Elle est très forte de ce côté-là ! Et ça, c’est un côté qui me plaît, j’ai
toujours été attirée par les personnages originaux, charismatiques, ceux qui
subjuguent et fascinent…
Marc Levy, je ne
sais pas… Je n’ai lu qu’un seul de ses livres, « Vous revoir »… Je n’ai pas
accroché du tout, j’ai refermé le livre après quelques pages, en jetant un œil
de ci de là jusqu’à la fin. Pas emballée par ce genre d’histoire.
Il y a également
Anna Gavalda… Si j’en juge d’après ses nouvelles, son premier livre, le seul que
j’ai lu d’elle, « Il y a toujours quelqu’un qui m’attend quelque part », je dois
dire que je n’apprécie pas vraiment… Ses récits m’ont paru sans réel intérêt,
parce que naïfs et communs. Par ailleurs, je ne comprends pas bien quel rapport
il peut y avoir entre son titre et ceux-ci… Mais peut-être en va-t-il maintenant
tout autrement avec ses romans…
En revanche,
Guillaume Musso que je viens de découvrir me plaît davantage. J’ai lu
« Sauve-moi », c’était original et plaisant.
Il est certain que
j’ai beaucoup de mal à trouver ce que j’aime parmi les ouvrages actuels proposés
sur le marché, et je pense ne pas être la seule. On ne doit pas découvrir ceux
qu’il faudrait… J’en reviens donc toujours d’office à mes bons vieux romans
d’autrefois ! La relecture des grands auteurs est une nécessité. Flaubert, Zola,
Stendhal, Gauthier, Maupassant, Voltaire, et j’en passe … Sans oublier Balzac,
avec sa « Comédie humaine » si réaliste, et qui sera toujours d’actualité!
Autant d’écrivains qui interpellent vraiment le lecteur, qui le font vibrer,
vivre intérieurement, en lui apportant ce qu’il y a de plus important dans la
lecture : l’élévation de l’esprit.
Trouve-t-on encore
cela à présent ? Peut-être, et même certainement, mais apparemment pas parmi
ceux dont il est le plus parlé… Et je doute que ce soit avec la même intensité.
Il semblerait que
l’on vive maintenant dans une époque où l’homme préfère la facilité. Paresse, ou
manque de temps ?... Une époque où le consumérisme est roi, avec le jeunisme…
Ajoutons-y un mercantilisme notoire pour recouvrir le tout, et cela donne la
culture émergeante ! Autrefois, les peintres composaient de somptueux tableaux
qui leur prenaient un temps infini. Terminé, ce temps-là… Il faut aller vite et
produire plus, pour gagner plus… Est-ce la même chose concernant la
littérature ?
Compositions
picturales réduites, textes souvent pas assez approfondis… Va-t-on de plus en
plus vers un certain minimalisme, ce mot à la mode qui veut que tout devienne un
minimum ?
Ainsi, pour en
revenir à la lecture, bon nombre de lecteurs (attention, je parle seulement de
certains…) se laissent-ils influencer dans leurs choix… Se comportant comme des
moutons de Panurge, ils achètent tous la même chose, ce que la publicité ou le
ouï-dire leur indique comme étant ce qu’il y a de mieux… Ceux-là ont-ils donc
perdu toute curiosité ? Ont-ils perdu le goût de la découverte personnelle ?
Prendre le temps de flâner dans quelques bonnes librairies, errer dans les
rayons en quête d’un livre inconnu qui attirera tout à coup plus qu’aucun autre,
pour lequel on aura un coup de cœur, voilà un plaisir autrement jubilatoire et
excitant que de se borner à se fier au goût des autres ! Enfin… quand on est
suffisamment épris de littérature, ça va de soi !
Je sais bien qu’il
en existe encore, de ces lecteurs-là… Dieu merci ! Mais sont-ils si nombreux que
ça ?
Pour ma part, c’est
ainsi que j’ai découvert Nabokov il y a bien longtemps ; il était alors
pratiquement inconnu…
Cette démarche est
donc extrêmement utile aux auteurs en mal de reconnaissance. Ce sera grâce aux
lecteurs qui les auront découverts qu’ils émergeront un jour…
C’est dire combien
le rôle des lecteurs est important !
Sans soutien
d’adeptes qui croient en lui, l’artiste ne peut exister… Du moins existe-t-il
pour lui-même, mais dans son cas, ce n’est évidemment pas suffisant.
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