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D’aussi loin qu’il m’en
souvienne, j’ai toujours connu ma grand-mère une cigarette
aux lèvres. Elle fumait uniquement des blondes, des Pal Mail.
Quoi qu’elle fasse, son éternel mégot à
la bouche, (puisqu’à la longue, cela le devenait forcément)
elle vaquait à ses diverses occupations…
Je l’ai vue tout faire avec jusqu’à sa mort,
notamment la vaisselle ; et lorsque je n’étais qu’une
enfant, j’étais stupéfaite et ébahie
de la lui voir laver tout en fumant, sans qu’elle quittât
un seul instant la longue tige blanche se consumant au fur et à
mesure, tandis que ses mains ne cessaient de s’agiter de l’eau
de vaisselle à l’égouttoir. Émerveillée,
je me souviens avoir voulu bien des années plus tard, en
cachette, essayer de faire de même ; je devais être
alors âgée d’environ quatorze ans ; j’avais,
comme il se doit, immédiatement été prise d’une
toux brutale et impétueuse ne voulant plus s’arrêter,
tandis que les yeux me piquaient, me brûlant horriblement
et s’emplissant de larmes. Cet état me parut si horrible
et désagréable, qu’il dût me dégoûter
à tout jamais du tabac, puisque je n’ai jamais vraiment
fumé depuis…
Et ma grand-mère, bien sûr, me parut d’autant
plus extraordinaire, car les femmes qui fumaient alors n’étaient
encore pas si nombreuses, et surtout, comptaient parmi les plus
jeunes. Il faut dire que de son temps, – celui de sa jeunesse,
où, jeune mariée elle était devenue Nantaise
– elle avait pris d’emblée l’habitude de
fumer ; à cette époque, les femmes commençaient
tout juste leur émancipation, et il n’était
pas encore si courant d’en voir certaines fumer constamment,
sauf celles qu’on appelait alors les « femmes de mauvaise
vie » ; ou encore, les premières femmes d’affaires
et les bourgeoises dans les soirées mondaines, mais celles-ci
se retranchaient derrière la respectabilité raffinée
de leurs longs fume-cigarettes, avec lesquels elles discutaient
finances ou culture dans des volutes de fumée les rendant
mystérieuses et qui servaient souvent de prétexte
à tout autre chose...
Toujours est-il pour conclure, que je ne serais nullement étonnée
que ma grand-mère ne fût morte une cigarette entre
les dents… Parce qu’un jour, on l’a retrouvée
sans vie, tombée au pied de son lit, une Pal Mail à
demi consumée auprès d’elle ayant d’ailleurs
laissé un léger creux noirâtre dans le parquet.
Elle est décédée en 1960, à l’âge
de soixante-quinze ans. C’était ma grand-mère
maternelle, « grand-mère Valentine ».
Ma grand-mère était née en 1885 dans le village
de Maisdon-sur-Sèvres, charmant endroit situé dans
les coteaux nantais. Elle y vécut jusqu’à ses
vingt-cinq ans, l’année de son mariage. Son mari et
elle, en plus de tout ce qu’ils avaient en commun, avaient
immédiatement décidé de quitter leur village
pour la ville, qui les attirait ; ils se sentaient davantage une
âme de citadins… Ils partirent donc tout de suite s’installer
à Nantes. C’était en 1910.
Là-bas, mon grand-père trouva aussitôt un poste
de fonctionnaire à la mairie de la ville. Quant à
ma grand-mère, femme de grand caractère, assoiffée
de nouveautés, elle ne se sentait aucune aptitude à
rester à la maison. D’autant que jusqu’à
la trentaine elle n’eut pas d’enfants pour occuper des
journées lui paraissant de plus en plus longues…
Pourtant, en ce début du vingtième siècle,
les femmes mariées restaient toujours à la maison,
passant leur temps aux travaux ménagers, ou bien encore à
faire de la broderie, de la tapisserie ou des confitures, quand
elles ne jouaient pas du piano ; seules, les femmes faisant partie
du prolétariat, dites « femmes du peuple », travaillaient
comme ouvrières d’usine, ou encore comme bonnes à
tout faire dans les maisons bourgeoises quand elles habitaient à
la ville ; celles de la campagne étaient filles de ferme
et vaquaient aux travaux s’y rapportant.
Mais ma grand-mère n’était pas vraiment une
femme du peuple, et pas non plus une bourgeoise ; elle avait cependant
des idées d’avant-garde et était déjà
ce qu’on appelle maintenant une battante. Elle avait envie
de se sentir utile à quelque chose, une énorme envie
de se bouger. Alors, elle bouillait, tournant en rond dans son appartement,
rêvant de trouver un travail lucratif qui lui permettrait
enfin de pouvoir s’offrir tout ce qu’elle entrevoyait
dans ces beaux magasins et qu’elle ne pouvait s’acheter,
faute de moyens suffisants…
Mon grand-père n’avait, paraît-il, qu’une
situation modeste ; c’était un homme d’un calme
olympien – le peu de temps que j’aie pu le connaître
et m’en souvenir, je ne l’ai jamais vu une seule fois
se mettre en colère, ni même hausser le ton –
et qui savait se contenter de ce qu’il possédait, même
si c’était peu. Du reste, il ne semblait pas avoir
besoin de grand chose pour être heureux.
Il s’était fait aménager un minuscule atelier
au fond de son jardin, lorsqu’il avait acquis avec sa femme
une toute petite maison route de Rennes, alors banlieue nantaise
; cette maison presque à la campagne servait de résidence
secondaire à mes grands-parents, qui, hormis l’hiver,
y venaient pour le week-end et durant leurs congés d’été.
Dans son atelier, mon grand-père passait le plus clair de
son temps libre à fabriquer toutes sortes d’objets
en bois, ainsi que de petits meubles décoratifs ou utilitaires.
Le travail du bois était sa passion. Il parlait peu, mais
je me souviens l’avoir entendu dire parfois timidement, comme
pour s’excuser, avec un bon sourire : « Louis XVI, c’était
la serrurerie, moi, c’est la menuiserie… ». Ce
n’est qu’après, que j’ai compris sa remarque,
car à l’époque j’avais à peine
dix ans.
Il m’a toujours semblé – du moins, dès
que j’ai été en âge d’en faire l’analyse
– que dans le couple, c’est ma grand-mère qui
dominait, en maîtresse-femme, et que c’était
elle qui « portait la culotte » ; peut-être aussi
par force, son mari lui laissant toutes les prérogatives.
Il s’en remettait à elle pratiquement pour tout, comme
détaché de la plupart des choses...
Et je crois bien qu’elle avait tout de même été
déçue que son mari fût aussi effacé,
aussi peu ambitieux, même si elle n’en a jamais soufflé
mot à quiconque, ni ne l’a laissé paraître…
Grand-mère Valentine a dû préférer se
taire – elle a toujours détesté les reproches
– et prendre le taureau par les cornes. Mais elle a dû
d’abord patienter… Et c’est seulement un an plus
tard, en femme courageuse et de surcroît ayant le goût
du travail, qu’avec son esprit volontaire et obstiné
elle a pu alors se lancer dans le commerce. Elle voulait, en quelque
sorte, relever le défi d’une vie qui ne lui convenait
pas totalement. Elle ne se doutait pas alors qu’une machine
infernale se profilait tout doucement en Europe et qu’un jour,
à cause d’elle, elle serait veuve un peu trop vite…
Se sont alors succédés les jours fastes et les jours
maigres… Les réussites et les échecs…
Les bonnes affaires et les coups foireux…
Mais rien ne la rebutait jamais, et jusqu’au bout elle s’est
battue avec énergie, dignité, courage et ténacité.
Elle est toujours restée opiniâtre, avec une volonté
à toute épreuve, une volonté farouche.
Je n’ai jamais su d’où lui venait l’argent
qu’elle a mis dans l’achat de son premier magasin. Toujours
est-il qu’elle a acheté en premier, pour partie, une
brûlerie. Elle avait alors vingt-six ans. Grande amatrice
de cafés, elle pensait vraiment faire une bonne affaire.
Mais cet établissement était un commerce associatif
et c’était le premier associé qui cherchait
partenaire. Elle ne s’est pas méfiée, malgré
certaines mises en garde de quelques amis, et trop contente de ce
qu’elle considérait comme une aubaine – la somme
à mettre dans la société n’étant
pas trop énorme – a conclu le marché.
Je n’ai jamais connu les détails exacts de ce qui s’est
vraiment passé ensuite. Je sais seulement que trois années
plus tard, ma grand-mère s’est retrouvée ruinée,
l’associé félon ayant falsifié la comptabilité
à son avantage. Comme elle ne pouvait le prouver, c’est
sur elle que sont retombés tous les créanciers. Tout
allait mal, on était en 1914, et la première guerre
mondiale venait d’éclater. Mon grand-père dut
partir au Front comme des milliers d’hommes ayant l’âge
requis cette année-là. Désemparée, d’un
seul coup sans homme et sans occupation, ma grand-mère se
retrouvait plus seule que jamais. Sa solitude demeura jusqu’à
la fin de la guerre, mais elle eut tout de même la chance
de retrouver avec joie son mari, qui revint fin 1918. Mon grand-père
revenait tout de même très affaibli, avec de graves
et inguérissables séquelles, suite de ses blessures
dans les tranchées ; elles eurent d’ailleurs raison
de lui quelque cinq ans plus tard.
Une fois son mari de retour et la guerre terminée, ma grand-mère
se mit en quête d’un autre pas-de-porte à acheter.
Elle avait en vue une petite librairie. Je suppose que mon grand-père
étant pensionné de guerre et ayant reçu un
petit héritage entre temps, c’est avec cet argent que
sa femme put acquérir le magasin.
Cette modeste librairie était très bien située,
presque en plein centre de Nantes, dans un quartier très
vivant, près des boutiques d’antiquaires et non loin
du Palais de justice ; en d’aussi favorables circonstances,
il est certain que ma grand-mère eût dû sans
problème y pratiquer d’excellentes affaires. Seulement
voilà, si elle avait un sens commercial inné et un
acharnement de tous les instants, il y avait une chose contre laquelle
elle ne pouvait lutter, dont elle ne pouvait venir à bout
malgré toute sa volonté : son inculture en matière
de littérature. Elle n’avait étudié que
dans les classes primaires, et le certificat d’études
en poche – un diplôme qui ne lui servit d’ailleurs
jamais, sinon à posséder les quelques rudiments d’instruction
nécessaires – avait ensuite dû quitter l’école
pour seconder Eugénie, sa sœur aînée, dans
la difficile tâche que représentait l’éducation
de cinq frères et sœurs en bas âge. Valentine
et Eugénie étaient les aînées, et en
tant que telles devaient remplacer leur mère, morte en accouchant
du petit dernier. Leur père avait déjà bien
assez de ses vignobles à exploiter. Il était vigneron
et fournissait chaque année aux nombreux restaurateurs, hôteliers
et épiciers de Loire-inférieure, (à présent
« Loire-atlantique ») un nombre suffisant de bouteilles
de gros plant et muscadet pour pouvoir subvenir aux besoins de sa
nombreuse progéniture.
Mais en achetant la librairie, ma grand-mère n’avait
pensé qu’à une chose : c’était
une excellente occasion qui s’offrait à elle, de surcroît
encore une fois tout à fait abordable financièrement
et elle devait la saisir. C’est, du moins, ce que lui conseillait
un cousin éloigné retrouvé à Nantes
et qui était courtier en affaires ; et les affaires, il semblait
en faire de bonnes, puisqu’il avait pignon sur rue. Ne s’y
connaissant pas, elle avait donc toute confiance en lui et suivait
ses conseils. La guerre avait beau n’être plus qu’un
mauvais souvenir, elle demeurait présente dans tous les esprits,
qui s’y voyaient confrontés tous les jours lorsqu’ils
en constataient les effroyables dégâts ; mais par ailleurs,
tout était maintenant justement à refaire, tout était
à reconstruire, y compris les anciennes habitudes des Nantais
qui se sentaient enfin revivre, comme tous les Français.
Elle n’augurait donc que de bonnes choses avec un magasin
où elle était certaine que les clients allaient se
précipiter en masse.
Une fois devenue libraire, elle se rendit compte par la suite que
si le cousin avait eu raison sur bien des points, il avait cependant
omis de lui mentionner qu’il fallait posséder obligatoirement
certaines connaissances littéraires ; or, à part les
romans à quatre sous et les magazines de mode, c’était
quelqu’un qui ne lisait pas ; peut-être, d’ailleurs,
parce qu’elle n’en avait jamais eu le temps. Et lorsque
les clients lui demandaient un titre précis, ou encore des
renseignements sur telle ou telle oeuvre, elle était évidemment
incapable de leur répondre ou de les aider à trouver.
Très vite, elle perdit pied, se sentit inutile au milieu
des piles de livres qui lui semblaient la narguer, un peu comme
une étrangère qui aurait atterri là par hasard
ne parlant que dans sa langue et que tout le monde aurait contemplé
avec étonnement. Son malaise allant s’accroissant,
elle ne parvenait plus à être bien dans sa peau, en
devenait plus du tout naturelle et au bout du compte finit par demander
au cousin de mettre en vente la librairie. Celle-ci fut rachetée
presque aussitôt, et le cousin proposa alors un magnifique
café à la place, non loin de la librairie, mais lui,
situé juste en face du Palais de justice ; sans doute avait-il
pensé que ce genre de commerce-là serait davantage
dans les cordes de sa téméraire cousine. Il n’a,
du reste, pas eu tort.
Parce que le café, nommé « Café du Palais
», fut la plus belle histoire commerciale de ma grand-mère,
qui y fit de brillantes affaires pendant quinze ans. C’est
là que fut conçue ma mère, si l’on peut
dire, dans l’immense appartement situé juste au-dessus.
Ma grand-mère venait de fêter ses trente-trois ans,
et c’était la toute première année qu’elle
était la patronne respectable et respectée de toute
une petite cour d’hommes d’affaires et de magistrats
venant régulièrement boire un café ou fêter
Bacchus, dans le cadre agréable des cafés décorés
nouveau style ; celui de 1920, de ces année 20, dites «
années folles », qui débutaient… J’ai
toujours en mémoire le poster du café, que ma mère
fit reproduire par la suite d’après une petite photo
de ces années-là retrouvée parmi les albums
jaunis de son enfance. Depuis 1900, Nicéphore Niepce avait
fait son apparition avec sa boîte magique, et l’engouement
des gens à figer un moment de leur vie sur pellicule était
alors en plein essor, tout le monde voulait se faire tirer le portrait.
Ce poster – en noir et blanc, pour mieux respecter ce qui
était à la mode du jour – renvoie bien l’idée
qu’on se fait en général des années 20.
Dessus, on y remarque tout d’abord le long édifice
que représentait le café. Ce jour-là, il a
été pris l’été, par une journée
ensoleillée… Son auvent de toile blanche a été
déroulé et on peut y lire sur le rebord du tissu «
Café du Palais ». Au-dessous de lui, sept ou huit tables
rondes de marbre blanc, à l’élégant trépied
de fonte sculpté assorti, et les accompagnant, les fameuses
chaises « bistrot » sur lesquelles sont assis plusieurs
clientes et clients… D’épais et nombreux arbustes
en pots géants délimitent l’espace réservé
au café sur le trottoir. À côté de l’une
des tables, debout, ma grand-mère prend la pose… Elle
est grande et un peu plantureuse, dans sa robe charleston dont la
taille basse souligne les hanches épanouies et dont la nouvelle
longueur un peu provocante qui se veut le reflet de l’actuelle
émancipation vestimentaire – juste au-dessous du genou
– laisse apercevoir de belles jambes robustes, aux pieds chaussés
d’escarpins effilés. Son visage aux jolis traits réguliers
et énergiques est encadré d’un casque de cheveux
noirs et ondulés, coupés à la garçonne,
à la mode actuelle – encore une autre façon
pour la femme de s’émanciper. Son noir regard, à
peine souriant mais nullement sévère, fixe l’objectif
d’un air à la fois grave et volontaire – celui
d’une femme ambitieuse tout en étant sereine…
Les clients eux aussi ont pris la pose. Tous regardent plus ou moins
l’appareil. Le photographe, sans doute inévitablement
recouvert pour la circonstance de son éternel drap noir,
a forcément dû installer son imposant outil en face,
de l’autre côté de la rue, le temps de la prise…
Les hommes portent presque tous moustaches remontant vers les joues
et montres avec chaînes en gousset, et leurs canotiers sont
posés sur les tables, tandis que les femmes ont pour la plupart
de jolis chapeaux cloche faisant disparaître leurs cheveux
si courts et mettant en valeur leurs grands yeux chargés
de khôl. Ils semblent tous fixer l’homme fantôme
de la rue, attendant certainement son fameux : « Attention,
le petit oiseau va sortir ! »…
Je pourrais ainsi parler des heures de grand-mère Valentine,
tellement j’en ai d’impérissables souvenirs d’enfance
et d’adolescence, en plus de tout ce que j’ai entendu
raconter de merveilleux et d’incroyable sur elle.
Ce que je veux surtout exprimer, finalement, c’est ma gratitude
envers une femme qui fut la première à m’encourager
à lire alors que je commençais à peine à
balbutier, parce qu’elle fut la première à découvrir
mon goût pour les livres et à m’en acheter. Il
faut dire que je vivais alors plus ou moins chez elle, mes tout
jeunes parents venant d’acquérir un commerce et ne
pouvant s’occuper d’un enfant… Je devais avoir
quatre ou cinq ans, n’allais pas encore à l’école,
et passais mon temps allongée sur le tapis du séjour,
près de la salamandre dont j’aimais le doux et réconfortant
ronflement les jours d’hiver, à contempler pendant
des heures les beaux livres d’images, cadeaux de ma grand-mère.
Par la suite et jusqu’à mes douze ans environ, à
chaque fois que mes parents s’absentaient de Nantes pour de
longs séjours, je demeurais chez elle. Et l’enchantement
recommençait…
Mes premiers rêves viennent de là…
Ma compréhension des mots également. Avec une infinie
patience, grand-mère Valentine fut ma première maîtresse
d’école et moi son unique élève, la plus
sage et la plus studieuse, voulant à tout prix comprendre
par intense curiosité envers l’imaginaire, le sens
des mystérieux dessins, de ces belles images que j’avais
sous les yeux et de tout ce monde spirituel qui m’enchantait
déjà.
Quand d’autres fillettes désiraient des poupées,
moi, dans le magasin, je tirais sur la manche de ma grand-mère
pour qu’elle m’achetât un nouveau livre que j’avais
repéré…
Essayer de comptabiliser le nombre de livres qu’elle m’a
offerts ainsi tout au long de mon enfance et de mon adolescence
serait vraiment impossible… Il y en a eu des tonnes ! Comme
si son échec du métier de libraire prenait sa revanche…
Et de là à dire que c’est peut-être grâce
à elle que j’ai tout de suite eu du goût pour
la littérature et ensuite l’écriture, il n’y
a qu’un pas…
C’est pourquoi cette admirable femme que fût ma grand-mère
a eu autant d’importance pour moi, pourquoi elle a compté
doublement, et pourquoi j’ai autant regretté sa disparition.
Et encore au jour d’aujourd’hui et jusqu’à
la fin, il y a et il y aura toujours une petite place pour elle
dans mes pensées…
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