|
Justine Mérieau ou la passion d’écrire
C’est un coin de vallée discret à Kangani. Dans son chalet sur pilotis cerné de
verdure et d’arbres immenses, Justine Mérieau écrit. Cette romancière,
nouvelliste et poétesse, laisse vagabonder son imagination sur le clavier de son
ordinateur. Elle raconte la vie des autres, imaginaire ou non, et publie
régulièrement. Son dernier roman est en phase d’achèvement. D’ici trois ou
quatre mois, l’éditeur de la maison lyonnaise « Ancre et Encre » mettra sous
presse "Anaïs ou la femme aux lunettes noires ".
Autodidacte, cette Nantaise qui se revendique soixante-huitarde reconvertie et
non MLF, dévore livres et journaux depuis son plus jeune âge. Son envie de
bouger l’entraîne dans le Gard avant de partir vers la Réunion, puis Mayotte où
elle vit depuis six ans maintenant.
A 15 ans elle a été touchée par le virus de l’écriture. Son père déchirait ce
qu’elle écrivait car il n’appréciait que très moyennement de voir sa fille
écrire plutôt que de faire ses études. Quelques années plus tard, la voilà
mettant la dernière touche à son premier bouquin "La femme changée en chien",
une histoire d’amour et de haine, teintée d’humour et écrite sur la trame de
faits réels.
" La difficulté c’est de se faire publier. J’ai envoyé mes manuscrits à des
éditeurs, mais ils sont débordés. La maison d’éditions « Le Serpent à plumes »,
m’a proposé de mettre mes textes sur son site d’éditeur numérique «
Manuscrit.com », ce que j’ai fait, et j’ai pu, à la demande, faire imprimer mes
livres qui sont vendus à « La Maison des livres » à Mayotte.
Par le truchement d’internet, j’ai eu la chance d’intéresser deux éditeurs pour
mon dernier livre "Anaïs" qui devrait sortir en octobre " explique Justine qui
lève un coin du voile sur cet ouvrage :
" C’est l’histoire d’une architecte d’une cinquantaine d’années qui rate une
tentative de suicide et qui tombe amoureuse de l’anesthésiste qui est un réfugié
politique Kosovar. Elle se remet de sa tentative de suicide et découvre qu’elle
a un don. Elle peut voir à travers les murs. Le roman est basé sur des
évènements réels de la guerre du Kosovo. Avec cette histoire j’ai tenté de
dédramatiser la guerre et son cortège d’horreurs ", sourit-elle.
Toujours sur la base de faits réels, elle a en chantier un autre livre qui
s’intitulera
" Dr Bodard " et qui sera l’histoire de ce médecin (Godard) qui a
mystérieusement disparu avec sa famille à bord de son voilier, au large des
Côtes d’Armor.
Françoise Chandernagor avait , dans le Figaro Littéraire, publié un feuilleton à
ce sujet qui a été interrompu suite à une plainte déposée par la famille du
médecin.
Dans " Le Nez de Berthe " Justine Mérieau promène le lecteur dans l’univers
d’une jeune fille au physique ingrat affublée d’un nez énorme. L’héroïne habite
Nantes et c’est tout naturellement que le lecteur retrouvera des endroits précis
de la ville, avec le nom des rues, les cafés, les boutiques etc.. Il découvrira
aussi Rebecca, belle femme juive de 45 ans, amie de Berthe.
" Grâce à internet je peux trouver des renseignements précis sur des endroits ou
des faits réels qui me permettent ensuite de planter le décor ou de faire
évoluer mes personnages sur la base de ces faits réels. La guerre du Kosovo,
présente dans " Anaïs ", m’a beaucoup marquée et ça m’a inspiré cette histoire
et cette rencontre entre ces deux personnages que rien ne devait rapprocher ",
explique encore Justine qui est impatiente de voir son livre achevé et imprimé.
Lorsque la nuit tombe sur ce coin de verdure de Kangani, une lampe reste allumée
dans ce chalet sur pilotis. Toute la nuit Justine écrit.
Interview parue dans le n°508 du 16/07/2002
Journal de Mayotte le « Kwési
|