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Réunis par Internet, dix auteurs s'auto-publient
et présentent leurs textes sous le nom de code : Dix sur
Dix. Une initiative rare et éclectique, où cohabitent
science-fiction et thriller, poésie et chanson. Où l'on
retrouve notamment Gracianne Hastoy et Justine Mérieau,
deux écrivains dont les textes L'Exutoire,
La femme changée en chien et De mon chalet sous
les tropiques sont déjà disponibles sur
manuscrit.com.
Retour sur la naissance et la vie de cette
anthologie avec l'hyper-active Justine Mérieau, qui
cumule, entre autres, les casquettes de novelliste,
romancière et poète.
Quelle est la genèse du projet Dix sur Dix ? Ce recueil
a la particularité de regrouper des écrits d'auteurs qui
ne se sont jamais rencontrés physiquement. Comment êtes
vous entrée en contact avec eux ?
Tout d'abord par le biais du site Planetexpo où j'ai
créé mon stand virtuel. C'est un site très vivant où de
nombreux auteurs, connus ou non, publiés ou non,
gravitent. Chacun y a son forum de discussion et il
suffit de se rendre chez l'un ou l'autre et de faire
"salon" ; c'est très convivial ! Lorsqu'on n'est pas
trop introverti, les liens se créent facilement. J'y ai
vite rencontré des auteurs (venant du site Webiscript)
avec qui je me suis sentie quelques affinités ; pas
forcément littéraires, car dans cette anthologie à dix
auteurs tous les genres représentés ne peuvent
correspondre à ses propres goûts ; je suppose qu'il en
va de même pour chacun d'entre nous. Ce qui nous a tous
rapprochés, c'est surtout l'envie de bouger, de se
démener, d'essayer de se faire entendre avec une oeuvre
commune, au lieu de rester à attendre éternellement
chacun dans son coin. C'est ainsi que je me suis vue
proposer par des auteurs du site Webiscript de faire
partie d'un recueil collectif qui serait auto-édité par
nous. Et nous nous sommes retrouvés dix auteurs à
vouloir le faire, d'où le titre du livre. Notre
rencontre à tous est uniquement et entièrement
virtuelle. Je pense que c'est une première !
Le recueil présente des genres de littérature très
divers, comme la science-fiction, le thriller ou le
conte, mais offre également une grande variété de formes
littéraires : poésie, nouvelle, chanson. Vous même
publiez ici une nouvelle et un conte. Cette liberté de
forme et de ton ne serait pas possible dans le cadre
d'une édition "normale".
C'est
vrai, nous en sommes parfaitement conscients. Nous avons
voulu créer une sorte de compilation de textes
différents pour que le lecteur ou l'éditeur puisse y
faire son choix. En quelque sorte, on pourrait
considérer cette anthologie comme une espèce de
manuscrit à plusieurs qui servirait notre promotion.
Les deux textes que vous présentez dans "Dix sur Dix"
ont déjà été publiés par manuscrit.com. Avez-vous une
attirance particulière pour ce type d'édition ?
Là, vous
me tendez une perche que je saisis ! Que fait-on
lorsqu'on n'a pas d'autre alternative ? On est tout
content d'avoir la possibilité de voir "vivre" ses
textes, via internet, même si ce n'est pas officiel.
Pour ma part, l'édition en ligne est une solution que je
trouve excellente et que n'auront pas eu la chance
d'avoir les écrivains d'antan. Je connais certains
écrivains dits "de la vieille école" dont quelques
ouvrages ont été publiés autrefois et qui répugnent à
mettre leurs textes chez un éditeur en ligne alors que
cela les relancerait peut-être. Il me semble pourtant
que c'est une agréable et intéressante façon d'attendre
l'éditeur traditionnel en se sentant moins seul. C'est,
aussi, une façon d'être bien dans son temps, en se
servant des nouvelles techniques d'impression à la
demande ; ce qui rend tout de même l'écriture un peu
plus motivante.
Le village indigne, ou l'indifférence qui tue
s"inspirent d'un fait divers réel. Le titre est assez
éloquent, et du reste vous qualifiez vous-même ce récit
de "nouvelle sociale". Dans cette nouvelle, la démission
des adultes est particulièrement stigmatisée... Vous
avez un message à faire passer ?
Pas
précisément, mais l'écriture en soi est un long message
que le lecteur doit décrypter en bon exégète. Il se
trouve que j'ai surtout été sensible à ce fait relaté
très brièvement aux informations télévisées (comme si
cela n'avait que peu d'importance et qu'il était inutile
d'en parler davantage). Je me suis demandée comment tout
un village avait pu ignorer ce couple qui campait durant
un hiver particulièrement rude à ses pieds, en face des
habitations. J'ai écrit cette nouvelle en essayant
d'imaginer ce qui s'était passé.
Vos textes montrent des réalités sociales très dures,
comme les SDF, ou, dans le cas de l'Homme au coeur
de pierre, des relations père/enfants ou
patron/employé pour le moins problématiques. En même
temps, vous abordez ce thème via le regard d'enfants le
jour de Noël, ou alors par la forme du conte, donc de
l'irréel - ce qui vous évite de vous placer dans la
dénonciation sociale frontale. Pourquoi avoir choisi ces
formes ? Les avez-vous conçues comme des filtres ?
Mais ce
sont des réalités existentielles intangibles ; elles
existaient autrefois, elles existent maintenant et
existeront toujours. Et il est beaucoup plus élégant, à
mon sens, à l'instar d'illustres précurseurs, de
dénoncer certains travers humains par le biais de
métaphores, d'allégories ou d'hyperboles. Ou encore en
se servant d'ésotérisme comme dans mon roman La
femme changée en chien. L'onirisme aussi est une
forme que j'affectionne. Sortes de filtres, en effet. Et
puis, à chaque auteur sa thématique, et la mienne est
ainsi (ce qui ne veut pas dire qu'elle ne soit pas à
améliorer).
Vous naviguez entre le conte, la nouvelle, le roman et
le poème. D'où vous vient cet éclectisme ? Quels sont
les écrivains/oeuvres qui comptent le plus pour vous ?
Concernant
l'éclectisme, il me semble que tous les écrivains le
sont plus ou moins. Et n'est-ce pas un cursus normal
lorsqu'on écrit depuis l'adolescence ? On commence
souvent par des poèmes, puis vient l'envie d'écrire des
textes plus longs ; alors on écrit des nouvelles. Et
ensuite, tout naturellement, on aborde le roman, parce
qu'on a envie d'en dire plus, parce que le thème choisi
le demande. Et pour répondre à votre dernière
question... Ah, cette question, si vous saviez ce
qu'elle me tient à coeur ! Tout auteur est forcément
sous influence, qu'il en soit conscient ou non. Alors
pour être brève, je dirai : Voltaire, Maupassant,
Balzac, Nabokov, S.de Beauvoir, Kafka, Céline, M.Webb.
La page de présentation
de Justine Mérieau
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